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Discours d’ouverture de la Conférence de l’opposition tchadienne à Paris du 28 au 29 à 29 octobre 2006

TCHAD - 28 octobre 2006 -  



©Lalé | laleonline.com, 28 octobre 2006,

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Conférenciers,

Mesdames et Messieurs les invités,

Chers Frères et Sœurs,

Mes Chers Compatriotes,

Permettez moi de m’acquitter des mes obligations, celles de remercier, de tout mon cœur, le Comité d’organisation de cette auguste conférence de l’opposition.

Je tiens également à saluer tous ceux qui prennent part à cette conférence.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Conférenciers,

Mesdames et Messieurs les invités,

Chers Frères et Sœurs,

Mes Chers Compatriote,

Le Tchad, notre beau et grand pays, ne mérite pas le sort qui est le sien dès les premières heures de l’indépendance en 1960.

Il n’est pas non plus superflu de rappeler que, de 1945 à 1959, le Tchad était un pays réellement démocratique.

Pendant cette période, la démocratie est traduite par des élections propres, libres, démocratiques et transparentes.

J’en veux pour preuves:

1)- Les élections 1945 à 1955 ;

2)- Les élections de 1956 sous la loi-cadre dite Loi-Déferre du nom du Ministre socialiste des Colonies qui l’a initiée et faite adopter ;

3)- Les élections du 31 mars 1959 : Rappelons qu’à la suite des crises politiques successives ayant entraîné la chute des gouvernements de Gong-Tchomé et d’Ahmed Koulamallah, le PPT-RDA a choisi François Tombalbaye pour former le gouvernement.

Sorti gagnant de cette élection législative du 31 mars 1959, Tombalbaye est reconduit par son parti pour former et diriger le gouvernement issu de cette élection.

Très vite, de démocrate qu’il fut, Tombalbaye devient, peu à peu, un dictateur pour finir par être un despote sans pitié.

Quelques faits, gestes et dates :

  • Le 11 août 1960, le Ministre Gabriel Lisette alors en voyage en Israël est interdit de retourner au Tchad. Cette décision anti-démocratique va provoquer l’insurrection dans la circonscription électorale de Gabriel Lisette, en l’occurrence, le Logone et dans presque toute la région du sud.

  • Le 4 Octobre 1960, le Député Jacques Nadingar, auteur de la motion de censure contre le gouvernement de Tombalbaye est empoisonné au cours d’un cocktail offert à la Chambre de Commerce de Fort-Lamy (N’Djaména). N’eut été cette tragique fin de Nadingar, la majorité des Députés allaient voter, le 5 novembere, la destitution du gouvernement Tombalbaye.

  • Novembre 1960 à janvier 1961, une insurrection éclata dans le Logone (Moundou, Doba, Mbaïbokoum, Kélo, Laï etc.), Mayo-Kebbi (Bongor, Pala etc.) suivie d’un début de rébellion à Bébédjia, fief natal et électoral du Député Nadingar.

  • En 1960, Tombalbaye fait adopter par l’Assemblée législative une nouvelle constitution qui consacre la dictature constitutionnelle du parti unique, le PPT-RDA.

  • En 1962, a lieu une élection législative sur liste unique présentée par le PPT-RDA.

  • En 1963, Tombalbaye prend une ordonnance pour dissoudre les partis politiques à l’exception du PPT-RDA avant de convoquer, à Fort-Archambault (Sarh), le congrès de son parti, le PPT-RDA, devenu désormais, parti unique.

  • Le 22 mars 1963, à son retour de Fort-Archambault (Sarh), Abbo Nassour réunit, à son domicile, les leaders des partis qui ont intégré le PPT-RDA aux fins de revendiquer le Ministère des Affaires Etrangères qu’abandonnait Djibrine Khérallah qui refusait obstinément et à juste titre ce parti unique. Tombalbaye ordonne alors l’arrestation de tous ceux qui étaient présents à cette réunion.

  • Le 16 septembre 1963, alors que Ahmed Koulamallah et Djibrine Khérallah tiennent une réunion au domicile de celui-ci, le Ministre de l’Intérieur, Dounia Marc, avait envoyé un gendarme nommé Tchéré pour leur notifier l’ordre de se disperser. Mais, hélas, ledit gendarme est pris et mis à mort. Lorsque la gendarmerie et la police interviennent pour rétablir l’ordre, elles sont accueillies par des tirs des coups de feu qui, depuis lors, n’ont jamais cessé au Tchad.

La création du Front de Libration Nationale (Frolinat) résultait de cet incident malheureux. Ainsi donc, une fois créé en juin 1965, le Frolinat va mener une guerre fratricide contre le régime Tombalbaye, guerre aux relents tribalistes, racistes, régionalistes et confessionnalistes puisque les fonctionnaires notamment les enseignants, les agents de santé, de l’agriculture etc. originaires du sud du pays sont systématiquement assassinés.

Ce qui fait croire à une guerre menée par le Nord musulman contre le Sud chrétien et animiste.

Mais, aujourd’hui, force n’est-il pas de constater que les Gorane Goukouni et Habré originaires de la même région du Borkou-Ennedi-Tibesti (BET) ne se faisaient-ils pas d’atroces guerres ?

Les musulmans Ahmat Acyl puis Acheik Ibn Oumar ne s’allient-ils pas au Chrétien Kamougué pour faire la guerre à un autre musulman et nordiste Hissein Habré?

Le Gorane Idriss Déby de Fada (BET) ne faisait-il pas la guerre à un autre Gorane Hissein Habré de Fada (BET) jusqu’au point de le chasser du pouvoir alors qu’ils sont tous deux musulmans et nordistes ?

Les musulmans Mahamat Nour et Aljineidi ne font-ils pas, en ce moment, la guerre contre leur coreligionnaire Idriss Déby originaire de la même région du Nord du Tchad?

Les musulmans Timane et autres Tolli ne font-ils pas présentement la guerre à leur propre neveu et cousin Idriss Déby ?

Mahamat Nouri ne fait-il pas actuellement la guerre contre Idriss Déby alors qu’ils sont tous deux Gorane et musulmans de Fada (BET)?

De ce qui précède, Chers Compatriotes, si Mahamat Nouri, compagnon depuis 1979 et fidèle collaborateur d’Idriss Déby comme son Ministre pendant plus de dix ans fait actuellement la guerre à celui-ci, il y a lieu de relever que les théoriciens de la guerre des religions, guerre ethnique, tribale, régionaliste au Tchad sont passés à côté de la plaque.

C’est pourquoi, il est temps, grand temps que les Tchadiens s’arrêtent un moment pour trouver des solutions idoines à ce drame qui n’a que trop duré.

Ainsi donc, pour l’ensemble des Tchadiens, seule la démocratie universelle et non aux couleurs locales généralement concoctée dans les officines feutrées de l’occident, peut mettre un terme à la guerre fratricide au Tchad.

Nous devons, tous, nous y employer. N’est-ce pas l’objectif recherché par cette conférence de l’opposition ?

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Conférenciers,

Mesdames et Messieurs les invités,

Chers Frères et Sœurs,

Mes Chers Compatriote,

Pour ce faire, je lance un vibrant appel aux Tchadiens d’abord, puis à SEM Jacques Chirac Président de la République Française particulièrement, ensuite à SEM George W. Bush Président des Etats-Unis d’Amérique et enfin à l’organisation des Nations-Unies (ONU), à l’Union Européenne, à l’Union Africaine et aux Chefs d’Etat africains de bonne volonté d’aider les Tchadiens à organiser un dialogue inclusif pour arrêter le calvaire que vivent les Tchadiens et le Tchad depuis le 16 septembre 1963.

Tous, ensemble, nous devons maintenir la pression pour obtenir le dialogue inclusif.

Oui, tous, ensemble, nous devons exiger la paix au Tchad sinon nous allons inexorablement vers la SOMALISATION de notre pays et ce serait dommage.

Oui, j’espère que de cette conférence de l’opposition sortiront des résolutions et propositions concrètes pour le règlement du drame tchadien par les élections propres, libres, démocratiques et transparents.

Oui, le regard de tous les Tchadiens se tourne vers vous. Par conséquent, ne les décevez pas.

Oui, les Tchadiens exigent paix par la démocratie universelle comme solution idoine au drame tchadien et non la démocratie des Nègres.

Oui, les Tchadiens vous attendent de pied ferme pour vous juger sur pièce.

Bien que Idriss Déby ne cesse de dire qu’il n’est pas venu au pouvoir par le billet d’Air-Afrique, mais par les armes ; bien que Mahatma Gandhi ait dit qu’entre la lâcheté qui permet les violations des Droits de l’Homme et la violence qui met fin à ces violations, il choisit LA VIOLENCE, nous devons de bannir la guerre d’où qu’elle vienne et par qui que ce soit.

Sauf si cette guerre nous permet de nous libérer du joug des génocidaires comme sous d’autres cieux.

Oui, à moins que les Tchadiens n’aient pas le choix comme le recommande Gandhi parce Idriss Déby continue de les pousser à la guerre.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Conférenciers,

Mesdames et Messieurs les invités,

Chers Frères et Sœurs,

Mes Chers Compatriote,

Pour gagner du temps, ne faut-il pas une plateforme politique adoptée par chaque groupe d’acteurs politique à savoir:

  • la diaspora,

  • les politico-militaires ;

  • société civile ;

  • partis politiques,

    en vue de les soumettre au dialogue inclusif qui, je suis sûr, va devoir avoir lieu quelles que soient la mauvaise foi et la mauvaise volonté d’Idriss Déby.

Inch’Allah.

Sur ce, je déclare ouverts les travaux de la conférence de l’opposition à Paris 2006.

Je vous remercie.

Conflit du Darfur: Les masques commencent à tomber

TCHAD - 21 octobre 2006 -


©Lalé | laleonline.com, par Armel Ramadji Doumnande, 21 octobre 2006

Le Dr. Khalil Ibrahim, leader du MJE, l’une des fractions rebelles Zaghawa du Darfur vient de passer aux aveux sur les antennes de RFI. En effet, dans son interview avec la radio française, le Dr Khalil Ibrahim confirme l’implication de ses forces dans les batailles qui opposent les forces du régime de Deby aux forces de la résistance Tchadienne. D’après ses dires, ses forces ont combattu aux cotés de celles de Deby lors des affrontements qui ont eu lieu a Adré en avril dernier. Ses troupes seraient celles qui avaient fait face aux forces du FUC qui étaient arrivées aux portes de la capitale tchadienne le 13 avril dernier. Les masques commencent donc à tomber.

Ces propos peu surprenants pour beaucoup confirment une fois de plus ce que l’ancien Sous-secrétaire d’Etat Adjoint Américain aux Affaires Africaines, l’Ambassadeur Herman Cohen disait au début du conflit du Darfur en 2003. Mr. Herman Cohen avait déjà mis en cause Idriss Deby Itno pour son rôle de pyromane qui revient jouer au pompier dans le conflit. Malheureusement, presque personne ne l’avait écouté en 2003 et trois ans après, le conflit n’a toujours pas été résolu parce que le monde n’a pas pris une position ferme et dure face aux gens comme Idriss Deby Itno qui tirent sur les ficelles.

En dépit du rapport des Nations Unies qui avait épinglé Al Bashir et Idriss ainsi que les leaders Jandjawid il y a quelques mois, comme d’habitude, on s’est arrêté juste au niveau du rapport et rien n’a été fait de façon concrète par la communauté Internationale pour amener non seulement Al Bashir à arrêter d’armer les Jandjawid mais aussi exiger d’Idriss Deby Itno, créateur de la rébellion du Darfour, l’arrêt  immédiat de son soutien militaire et financier aux rebelles du Darfur. Il n’est donc pas surprenant que les choses se détériorent chaque au Darfur.

Dr Khalil Ibrahim confirme ainsi de façon sans équivoque ce que les forces de l’opposition armée du régime de Deby essaient depuis belle lurette de faire comprendre à l’opinion internationale. En effet, il renforce ce que le Dr. Albissaty S. Allazam disait il y a quelques jours lors de sa conférence de presse à Dakar ou il a pointé du doigt l’implication du régime Deby dans l’aggravation de la situation au Darfour. Le General Idriss Deby Itno fait partie du problème et non de la solution dans la crise du Darfur.  Que le monde essaie de comprendre cela car plus on laisse ce monsieur faire a sa tête, plus intransigeant et féroce devient le régime de Khartoum et ceux qui sont pris dans l’étau sont les pauvres populations civiles dont  les souffrances deviennent de plus en plus terribles.

Depuis belle lurette donc, les observateurs de la crise du Darfur s’efforcent de faire comprendre a la communauté internationale ce que le Dr. Khalil Ibrahim vient de dire mais très peu étaient ceux qui avaient écouté.  La résolution de la crise du Darfur passera aussi par la prise en compte de sa composante Tchadienne qui est la racine du problème. Devant ces aveux graves du Dr. Khalil, il serait sage et judicieux que la communauté internationale, en l’occurrence l’ONU, avec a sa tête, les Etats-Unis, l’Union Européenne et l’Union Africaine ouvrent leurs yeux pour voir ce que les autres essaient de leur faire savoir depuis plusieurs années.  Comme l’a dit Minni Minnawi Arkou, l’un des chefs du Mouvement SLA Soudanais signataires des accords d’Abuja lors de son entrevue avec le Président Américain George W. Bush  « avec Deby comme Président au Tchad, il n’y aura jamais la paix ni au Darfour, ni au Soudan, ni au Tchad, ni dans la sous région ».  Avant Minni Minnawi Arkou, le Député Fédéraliste Ngarlejy Yorongar, leader du FAR/Parti Fédération se confiait au micro de RFI en ces termes : «  Tant qu’on ne règle pas les deux problèmes [ndlr : le problème au Darfur et au Tchad] en même temps, je doute fort que la paix revienne au Tchad et au Soudan ». Ces mots résument amplement la situation qui prévaut sur le terrain. Au lieu donc de s’entêter à vouloir appliquer une solution parcellaire pour résoudre la crise du Darfur, la communauté Internationale devrait plutôt mettre la pression aussi bien sur le Général Al Bashir que sur le Général Idriss Deby Itno du Tchad. Ces deux messieurs et leurs lieutenants sont tous responsables de la mort des milliers de personnes depuis 2003. Il est grand temps que le monde arrête de tourner autour des vraies causes du conflit. Idriss Deby Itno avait utilise les 25 million de dollars octroyés par la Banque Mondiale comme bonus du projet pétrole pour créer les rebellions du MJE et du MLS en 2000.  On connaît aujourd’hui ce que la réaction d’Al Bashir a donné. Alors, au lieu de s’entêter à focaliser l’attention uniquement sur le régime de Khartoum, les décideurs de ce monde et les different groupes de pression devraient plutôt chercher les responsables du désastre des deux cotes de la frontière, aussi bien à N’Djamena qu’à Khartoum, s’ils sont sérieux et veulent vraiment arrêter le chaos qui prévaut dans la région du Darfur.  Aucun accord de paix sérieux ne se fera si on ne résout pas la composante Tchadienne de l’équation très complexe du Darfur parce que les deux crises sont tellement imbriquées.

Pendant que le monde s’acharne sur Khartoum pour le contraindre à accepter l’envoi des forces onusiennes dans la région du Darfur, le General Idriss Deby Itno a les mains libres pour faire tout ce qu’il veut. Il utilise les ressources du trésor public tchadien pour s’armer et armer, financer et héberger la rébellion Soudanaise qu’il utilise aussi comme une réserve à mercenaire pour lutter contre les forces de la résistance Tchadienne comme le confirme le Dr Khalil Ibrahim. Pire, d’après les informations relayées par le site Tchadactuel.com, Idriss Deby Itno vient de recruter des Jandjawid qui seront en charge du nettoyage ethnique tout le monde de la frontière Tchado-Soudanaise. De cette façon, la communauté internationale continuera à focaliser son attention sur Khartoum et lui dormira tranquillement.  Pendant ce temps, que dit le monde ? Pas grand-chose. Et les crimes continuent. Et les souffrances des populations s’accentuent. 

La communauté internationale doit savoir que le général Idriss Deby Itno du Tchad fait de la crise du Darfur un fond de commerce et un théâtre d’expérience de sa mégalomanie. Il a déjà déstabilisé la Centrafrique et maintenant, c’est au tour du Soudan. Le monde doit enfin se réveiller, le remettra a sa place et sauver ces millions de vie innocentes prises en otages. Le monde doit savoir que les général Al Bashir et Deby Itno se font une guerre d’usure en utilisant des proxies. Ceux qui paient le pot-cassé dans cette tragédie humaine, ce sont les pauvres populations du Darfur et des régions frontalières  avec le Tchad. Ceux qui paient le pot-cassé, c’est aussi la rébellion Tchadienne qui cherche à déloger le dictateur Idriss Deby Itno afin de redonner une autre chance au Tchad.

Que tous ces spécialistes de la crise du Darfur qui polluent les medias avec leurs papiers se penchent désormais sur le cas Idriss Deby Itno, chef orchestre de la rébellion du Darfur, financier et  conseiller de cette rébellion afin qu’il cesse de bloquer les possibilités de règlement pacifique du conflit.

En outre, que les organisations de defense des Droits puissent lister Idriss Deby Itno pour crimes de guerre au même titre que les leaders Jandjawid qui commettent ces odieux crimes dans la région. Le régime Tchadien de Idriss Deby Itno étant pourvoyeurs d’armes, de munitions, de vivres, de bases de retrait pour la rébellion Soudanaise, fait partie intégrante du problème et doit être tenu pour responsabilité des exactions qui se passent dans la région au même titre que les Jandjawid et le régime de Al-Bashir. Ne pas injecter  l’implication d’Idriss Deby Itno et son régime dans la tragédie du Darfur revient à s’adonner à la politique de l’autruche et c’est indiscutablement criminel puisque pendant le monde ferme ses yeux sur le rôle de Idriss Deby Itno dans la crise, les gens continuent à mourir chaque jour.

Il est déjà trop tard pour ces milliers de gens du Darfur qui sont morts par la complicité de Deby, Al Bashir et le silence somme toute complice de la communauté internationale. Cependant, les récentes déclarations du Dr. Khalil Ibrahim offre une autre chance a la communauté internationale de se racheter en réparant ce tort et en aidant les Tchadiens en lutte a balayer Idriss Deby Itno et sa mafia qui sont a l’origine du conflit du Darfur et donc partie du problème et non de la solution comme ils le laissent transparaitre.  Mr. Ban Ki Moon, le nouveau SG de l’ONU et Mr. Andrew S.  Natsios, l’envoyé spécial du président Bush pour le Darfur devraient changer de revoir leurs approches de la résolution du conflit car il n’y a pas que le régime de Al Bashir qui est coupable de génocide dans le Darfur, celui de Idriss Deby est a la fois coupable du génocide dans le Darfur mais aussi coupable du génocide au Tchad. A bon entendeur, Salut !

©Lalé | laleonline.com, par Armel Ramadji Doumnande, 21 octobre 2006

Qui en dehors d’Israël aura le courage de relever ce défi ?

Par Roland Y. Dajoux pour Guysen Israël News

La question des relations entre l’islam et les chrétiens vient de faire brutalement irruption dans l’actualité. Le Pape Benoît XVI a soulevé un tollé en osant évoquer des vérités historiques que le monde musulman interdit de révéler sous peine de menaces. L’islam est le défi du siècle. L’Occident aura-t-il le courage de relever ce défi ?

Le 12 septembre 2006, le Pape Benoît XVI lors d’une conférence à Ratisbonne, en Allemagne, ville où il enseigna la théologie de 1969 à 1977, a cité un empereur byzantin qui a condamné la violence islamique.
Selon le Pape Benoît XVI, la chrétienté, propage son message par la raison et non par la violence, contrairement à d’autres religions.
Lors de son allocution, il a cité l’empereur byzantin Manuel II Paléologos qui au XIVe siècle écrivait à propos du prophète Mohamed : ” Montrez moi ce que Mohamed a apporté de nouveau, vous trouverez alors des éléments malfaisants et inhumains comme le commandement de propager son enseignement de la foi par le sabre “.

Tout en évitant de critiquer directement l’islam, le Pape s’est exprimé contre le concept de ” guerre sainte ” et a invité les musulmans qui renonceraient au ” djihad ” et à la ” guerre sainte ” à ouvrir un dialogue entre les cultures. Dans son discours qui se voulait très académique, il a fait référence à des textes hébraïques, grecs et protestants. Dans sa conclusion, il déclara “La violence est incompatible avec la nature même de Dieu ” et invita tout le monde à un dialogue des cultures.

Comme dans « l’affaire des caricatures »…
Considérant le rapprochement entre l’islam et la violence comme une offense, le monde islamique n’a pas tardé à réagir comme il l’avait déjà fait lors de ” l’affaire des caricatures ” publiées par un journal danois.
Les réactions les plus violentes et les plus immédiates ont émané de Turquie, pays que le pape doit visiter en novembre prochain. Ali Bardakoglu, responsable des affaires religieuses dans le gouvernement turc, a immédiatement jugé inopportune la visite du Pape et a déclaré que Benoît XVI ” devait tout d’abord éliminer de son cÅ“ur tous ses ressentiments et faire preuve de plus de valeurs morales et de respect de l’autre ” !
Les autorités musulmanes du Pakistan, du Koweït et du Maroc ont très vite surenchéri, exigeant du pape des éclaircissements et des excuses.
Haken al-Mutairi, responsable du Parti islamique national du Koweït, demande le rappel de l’ambassadeur koweitien au Vatican et l’expulsion de celui du Vatican jusqu’à ce que le pape retire ses propos sur le prophète Mahomed et sur l’islam.
Au Pakistan, les autorités religieuses musulmanes jugent les propos du pape ” particulièrement irresponsables ” et prétendent que ” le concept de djihad n’est pas l’expansion de l’islam par le sabre ” !
Au Maroc, le journal « Aujourd’hui » dénonce l’attitude du pape et ironise sur sa bonne foi lorsqu’il appelle au dialogue des cultures !
En France, le président de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) et recteur de la mosquée de Paris Dalil Boubakeur est considéré comme un musulman modéré. Il a déclaré à l’Agence France-Presse : ” Nous espérons que l’Eglise donnera rapidement son opinion et clarifiera sa position afin de ne pas faire de confusion entre l’islam, religion révélée et l’islamisme qui n’est pas une religion mais une idéologie politique “.

N’est-il pas navrant d’entendre le Pape lui-même ouvrir son discours dominical à Rome le 17 septembre par des regrets sur les conséquences de ses propos ?
Cette polémique, au centre de laquelle se trouve la plus haute autorité de l’Eglise catholique est-elle purement circonstancielle ? Est-elle, au contraire révélatrice d’un réel conflit des cultures entre l’Occident et l’islam que certains ne veulent pas admettre ?
Aura-t-elle au moins le mérite de montrer, sans équivoque, que la moindre critique à propos de l’islam est considérée par certains musulmans comme une injure, voire un blasphème ?
L’Occident fier d’avoir transmis dans le monde ses valeurs de liberté de pensée et d’expression, de tolérance et d’humanisme est pris au piège car certaines de ses valeurs n’ont pas cours dans l’islam.

En fait, dans son message le pape voulait, avec juste raison, condamner la violence exercée au nom d’une religion et inviter au dialogue.
N’est-il pas vrai, aujourd’hui, que dans la majeure partie des cas, les violences terroristes sont menées au nom de l’islam fondamentaliste et du djihad ? World Trade Center, Pentagone, Karachi, Yémen, Djerba, Bali, Moscou, Mombasa, Islamabad, Casablanca, Jakarta, Istanbul, Madrid, Londres, Mumbaï…, sans oublier l’attaque contre le navire de guerre américain USS Cole et le pétrolier français Limburg….
Sur terre, sur mer et dans les airs, le terrorisme islamique est en marche. Sans complexe, il prétend mener une nouvelle conquête de l’ouest, la conquête islamique du monde !
Est-il historiquement vrai que le prophète Mohamed a prôné, initié et transmis à ses successeurs le devoir d’islamiser le monde par le djihad ?

Le sens islamique des valeurs Afin d’éviter le piège d’un double langage et le risque d’occultation de circonstance, il importe de connaître aussi l’islam à la lumière d’une analyse émanant d’orientalistes non musulmans. Je voudrais ici rendre tout particulièrement hommage à l’enseignement que j’ai reçu de mon ami Eliezer Cherki, éminent islamologue israélien.
En effet, des auteurs musulmans nous présentent un islam universaliste, tolérant, ouvert, recherchant la paix, mais ils oublient de dire que ces notions doivent être prises dans leur sens islamique non pas dans un sens occidental.

Le mot islam veut dire soumission, soumission totale à Allah et reconnaissance de son infériorité par rapport à D., ce qui supprime toute possibilité de libre arbitre. Le ” coup de génie ” du prophète Mohamed, selon la formule de Daniel Sibony, est d’avoir annexé dans le Coran toutes les figures emblématiques de la Bible. Cette conversion post-mortem à l’islam est rendue possible par la formulation en arabe de « muslim » qui veut dire ” soumis à D. “. Grâce à cette manipulation sémantique, tous les héros de la Bible, qui sont par définition soumis à D., deviennent tous des « muslemim », c’est-à-dire tous des musulmans ! Le Coran va plus loin en prétendant que la ligature d’Isaac, pourtant reconnue dans la Bible hébraïque et chrétienne, devient dans leur texte celle d’Ismaël !

Dans la doctrine de l’islam, les juifs et les chrétiens sont réduits à l’état de dhimmis. Ils sont, certes tolérés et protégés, mais doivent être abaissés et humiliés. Ce statut de dhimmi interdit, entre autres ” l’exhibition de croix les dimanches des Rameaux et la pratique de la religion juive sur la voie publique ” ! On a oublié que c’est un calife de Bagdad qui imposa au IXe siècle le port de l’insigne jaune, pratique qui continua à se répandre en Occident au Moyen Âge et deviendra, hélas, plus tard l’étoile jaune !

Selon l’islam, la paix ne sera possible que lorsque toute la terre sera islamisée ! L’universalisme de l’islam s’exprime avant tout par son aspect territorial. Pour les musulmans, l’islam est l’unique religion véridique, définitive et universelle. Selon sa doctrine, un jour viendra où toute l’humanité fera de l’islam sa religion. C’est ainsi que l’on doit comprendre son concept d’universalisme.

Le djihad est souvent défini par des auteurs musulmans modérés comme ” l’effort de l’individu sur lui-même “. Ils occultent ainsi sa signification plus belliqueuse de guerre sainte contre les Infidèles et son idéal de  conquête, compris et reçu par les tous croyants de l’islam. Les bombes humaines se font exploser au nom d’Allah et du djihad, c’est-à-dire au nom de cette doctrine religieuse.

Il ne faut pas oublier que l’islam englobe dans une même entité religion, politique et expansion territoriale.
L’islam est toujours la religion officielle des États arabes qu’on dit laïques. Il n’existe pas de séparation entre l’Église et l’État comme chez les chrétiens, ou de la royauté et de la sainteté comme dans le judaïsme.
Les menaces verbales et concrètes de musulmans du monde entier ne sont-elles pas en définitive, une autre forme de terrorisme : le terrorisme intellectuel au nom de l’islam ?

Qui en dehors d’Israël aura le courage de relever ce défi ?
Il en va de l’avenir de l’Occident.

Roland Y. Dajoux est l’auteur de « Israël, la Paix et les médias » (Editions Brit Chalom) et « Le temps des confusions » (Editions Le Manuscrit)

..la critique de ce dernier livre à http://www.guysen.com/articles.php?sid=3392

Tchad: Assassinat du Président du Collectif et Associations des Jeunes(Camojet)Adoum Abakar Moustapha

COLLECTIF DES ASSOCIATIONS ET MOUVEMENTS DE JEUNES DU TCHAD
(CAMOJET)
BP:3302
Tél.(235)627 49 58/633 44 58
Courriel: camojet@yahoo.fr

COMMUNIQUE DE PRESSE
N°014/SG/BE/CAMOJET/06

Le Bureau Exécutif du Collectif des Associations et Mouvements de Jeunes du Tchad (CAMOJET) porte à la connaissance de l’opinion Nationale et Internationale l’assassinat odieux de son Vaillant Président ADOUM ABAKAR Moustapha.
Depuis que le CAMOJET est né et exprime ses opinions de façon tacite et claire dans la défense de droit de la jeunesse Tchadienne dans son ensemble, des menaces ont tant pesée sur les différents responsables de ce jeune Mouvement.

En effet, dans la nuit du 11 au 12 septembre, un inconnu s’est présenté chez Monsieur ADOUM ABAKAR Moustapha et a jeté une grenade dans sa chambre au moment où se dernier était dans la chambre. Le malfaiteur selon les nouvelles est un agent de la police.

Le CAMOJET tient encore a rappelé à l’opinion nationale et internationale que le pays est en insécurité totale même si le gouvernement refuse de l’admettre.
Dans ce pays, il n’est fait aucun cadeau à tout ceux qui n’hésitent pas à exprimer leur désaccord de la gestion du pays. L’exemple est l’Assassinat de Monsieur ADOUM ABAKAR Moustapha. Comment peut on admettre qu’un agent de la police puisse se promener dans la ville avec une grenade qui est une arme de guerre?

Le CAMOJET demande à ce qu’une enquête soit diligentée pour que lumière soit faite autour de cet assassinat. Cela est un crime prémédité.

Le CAMOJET ne cédera pas à ces menaces et la jeunesse Tchadienne continuera à se battre pour la liberté de ce pays et le peuple Tchadien tout entier.

Fait à N’Djaména, le 12 septembre 2006
Pour le CAMOJET
Le Secrétaire Général

IBANGOLO MAÏNA MANGA Abel
 

Au pays de grand-père

Par Renaud Dingamnayel, tiré de « Tchad au Cœur »,

ouvrage collectif coordonne par Marie-José Le Corre, Publié par le Réseau de Lecture Publique u Tchad.

L’aube m’avait trouve éveillé, couche sur le dos. Le toit noirci par la fumée absorbait mon regard et ma pensée. Autour de moi, les autres étaient encore endormis, extenués par le long trajet de la veille. Comment aurais-je pu fermer les yeux dans cette gargote ou nous avait cloue la nuit sans lune ? Mes yeux s’abaissèrent pour se promener sur les voyageurs étalés sur un tapis épais. Une veillée funèbre aurait été plus gaie. Perdu dans mes désirs, je n’avais pas vu venir le tenancier. C’était un bout d’homme qui avançait sur la pointe des pieds. Nos yeux se fixèrent. Il fit une grimace.

-         Debout, c’est l’aube, tonna-t-il.

Sa voix rauque fit sursauter tout le monde. Pendant que les gens s’étiraient, le bonhomme avait une main bien tendue. Chacun devrait y déposer deux pièces de cent francs pour la nuitée. Je le fis à la hâte et mon sac au dos, je sautais derrière une moto vers le fleuve. L’idée de traverser bientôt le Chari me revivifiait.

Au bout du pont étroit que j’enjambe, flotte un drapeau nouveau pour moi. Celui du pays tant aime du grand-père mien. Je brûle d’impatience de poser mes orteils sur la terre de mes aïeux. J’allonge le pas vers la barrière, le sourire aux lèvres. Deux hommes postes au bout du pont me hèlent. J’accourent et leur adresse un salut qu’ils ne daignent même pas me rendre. Je leur tends la main. Mais ils m’empoignent. Le premier arrache ma carte d’identité, le second mon baluchon. Cette blague de mauvais goût ne m’irrite pas. Mais lorsque je vois déverser sur l’asphalte tout le contenu de mon sac, je frémis. Heureusement que j’avais été prévenu par papa. Rien de grave n’ayant été découvert, le feu vert m’est enfin donne. Je m’y engage comme une truie en rut qui se rue sous la pluie.

Un de ces gaillards qui grattent la terre ingrate presqu’ à mains nues me salue. Ma main dans la sienne me met hors de moi comme un poussin dans les serres d’un charognard. Je me libère et vais vers le car vider un  verre d’oseille en attendant le départ.

Démarrera-t-il seulement ? Vais-je m’engouffrer dans ce car, une guimbarde vieille d’un demi siècle peut-être ! Elle n’a plus une seule vitre, ses rétroviseurs sont aveugles et ses roues lisses. Bon Dieu du ciel, ça, mon père ne m’en avait pas parle. Assis dans la cabine, je rêvais de voir la tête de ce sorcier qui ferait rouler ce tas de ferraille.

Quand la carcasse fut pleine à craquer, je vis avancer un gringalet en treillis, aussi étrange et mal foutu que l’engin. Il ouvrit la portière, posa ses fesses sur un oreiller rayé, qui tenait lieu de siège, joignit deux bout de fils, secoua un fer rouille et crochu et …vroum. Mes yeux on t vu le miracle. L’engin démarra dans un tohu bohu à réveiller les morts.

Nous roulions aussi vite qu’une tortue. A chaque kilomètre, un groupe de piétons immobiles donnait l’impression de faire de l’auto-stop. L’homme au volant tripotait des pistons rafistolés pour ralentir une centaine de mètres avant l’arrêt. Ces emmerdeurs grincheux farfouillaient je ne sais quoi entre nos jambes. Au cinquième arrêt, j’ai interroge le passager à ma gauche pour avoir le cœur net :

-         S’il  vous plait, que veulent ces messieurs ?

-         C’est un contrôle de routine, répondit-il, roulant les r.

Ils cherchent le sucre et le savon. Ils fouillent la fraude.

Son accent et sa réponse me laissèrent perplexe. Le paysage aussi. Depuis le départ du pont, seules d’énormes termitières et des arbustes défilaient. La ville devrait être encore loin, me disais-je. Tiens, voila un autre pont. A son entrée,  du haut d’un mirador, un agent en béret noir faisait tourner à intervalles irréguliers les feux rouges et verts. Ce jeu ferait rire mes compagnons d’enfance. Moi, j’étais reste de marbre par amour de grand-père Ndôh.

Nous voici dans un marché. Derrière des montagnes de dates, les boubous d’hommes chétifs traînent jusqu’à leurs pieds. A cote d’eux, accroupis, des vendeuses de poisson frais ont l’air de se noyer dans la sueur, et les cris qu’elles lancent en direction des passants, sont ceux  de la détresse. Je me bats contre la portière. Le chauffeur, fier d’être arrive à bon port, vole à mon secours. Sain et sauf, je m’extirpe du cercueil roulant et je mêle à la foule. Je me faufile entre les étals jusqu’à l’orée de la chaussée.

Je crie ma destination au premier chauffeur de taxi qui freine devant moi :

-         N’Djamena !

Il me regarde avec dédain et accélère. Le deuxième fait de même. Le troisième, moustachu, marmonne une sentence inaudible avant de file. Suis-je égaré ? Qu’il est étrange d’être étranger sur sa propre terre. Un petit vieux portant aux joues des traces qu’on croyait faites par les griffes d’une chatte, s’approche de moi. Je recule.

-         Jeune homme qui venez d’ailleurs, me dit-il, l’air plutôt sympathique, c’est Ndjamena même ici. C’est l’ancien Fort Lamy, capitale du Tchad. Dans quel quartier veux-tu aller ?

-         Moursal, Monsieur. Poste de Moursal, lui répondis-je, toujours craintif.

-         Les taxis n’arrivent pas jusque-la. Il te faut un pousse-pousse.

Moursal, le quartier des cadres desservis par des pousseurs ! Je n’étais pas encore remis de mon étonnement que mon bienfaiteur et le pousseur avaient convenu d’un prix. Mon sac déjà crasseux est  balance dans ce drôle de « taxi », et me voila, arpentant les ruelles a pas de géant derrière le pousseur. Partout, de pauvres hères qui ont l’air de sourire à cette heure de chaleur caniculaire, errent comme des militaires sans salaire.

La maison où j’atterris n’a rien de décent. Comme toutes le autres du voisinage elle est faite de terre sur le modèle d’une école du district. Au milieu de la cour, il y a un puits, et tout autour ce sont des chambres. On m’en montre une. J’y entre dans l’espoir d’allonger mes cinq cent muscles en souffrance. Mon Dieu ! Le Tombouctou des manuels d’histoire qui m’avait tant fascine s’offre a mes yeux : un toit en boue ! La bouche béante et les mains aux hanches, je découvre cette Afrique de nos pères que je croyais ensevelie. J’en prends peur mais je suis à bout de force et je ne peux m’empêcher de m’écrouler sur la natte où la caresse des punaises alourdit mes paupières.

Un rêve trouble mon sommeil : j’ai un pied en l’air et l’autre sur du sable mouvant. Faut pas bouger ! Me voila pris au piège. Une main invisible tire mon pied vers le bas. Je crie comme un putois, et je me réveille en sursaut. La main est la, visible. C’est celle d’un bambin qui a du lait au nez. Je crains que son ventre éclate tant il est ballonné, et j’ai bien envie de lui donner des coups de pieds pour le faire rouler dehors. Les yeux innocents du gosse croisent les miens. Il sourit et me dit :

-         Étranger viens manger du son avec nous.

Manger du son, quelle histoire encore ! Nous sortons du musée, le petit et moi. L’émoi plus que l’appétit me fait aller vers les convives armes de leur fourchette naturelle. L’eau que l’on nous tend est si boueuse qu’en y plongeant mes mains je les salis plutôt. Cela me donne la nausée, mais mes intestins creux réclament leur du.  Alors, comme eux, je laisse aller mes doigts de la boule rouge à la bouche en passant par la sauce fluide d’où se dégage l’odeur de la sauvagine boucanée.

Déjà près d’un an que je suis aux prises avec cette terre d’où il n’y a pas un seul homme. Ce sont une poignée de surhommes et de sous-hommes qui la peuplent. Une île d’aisance entourée d’un océan de gueux. Des questions bêtes, j’ai cesse d’en poser aux gueux qui m’entourent. La réponse, la même qui est sur toutes les lèvres lourdes, c’est la guerre. Les maisons en terre battue dont les murs, tous les ans, sont gicles par de la boue pourrie, pétrie souvent avec des eaux usées et des urines ne me font plus rire. Le sable dans les yeux ne me fait plus pleurer.

En sifflotant un air de guerriers, je rase les murs pour aller conter fleurette à une gamine douce. Elle s’accroupit pour me tendre la calebasse d’eau, tête baissée, elle m’écoute murmurer. Sa mère et son père me laissent faire. Cela contraste avec le royaume de mon adolescence où la canne levée des parents tient a distance l’œil du soupirant. J’en suis ému. La tristesse reprend ses droits quand je plonge mon regard dans celui de ces femmes, nombreuses,  dont les hommes, partis fiers et fougueux, vers les dunes du Nord pour défendre la patrie, n’en sont jamais revenus.

J’ai eu la chance d’être retenu à l’unique temple du savoir de cette république. Ceux que j’y ai côtoyés m’ont laisse pour la plupart sur ma soif. Ces gens qui venaient de partout savaient lire, écrire et compter sans doute. Mais penser leur faisait défaut. La guerre – toujours le même prétexte – a fit ancrer en eux le culte de l’à-peu-près. J’en voyais, qui des les premières lueurs du jour, s’isolaient au bord du Chari ou dans un coin boise pour avaler les leçons de la veille. J’en ai souvent croise qui faisait les cent pas en récitant les arrêts de justice comme une prière qui avec la grâce des enseignants leurs ouvrirait les portes hermétiquement closes de la fonction publique. Mais une fois dans l’amphithéâtre, devant une feuille vierge, ils n’en jouissaient pas. Leur mémoire d’enfants de la guerre ne se prêtait pas au jeu. Cela leur donnait l’air de nouveaux arrivants dans leur un camp de réfugiés. Pour combattre ces trous de mémoire, des poches de leur boubou et de leur cache sexe, sortaient en catimini des bouts de papier dont ils tiraient l’essentiel des cours. Ils copiaient toujours presque tout. Cela leur valait de bonnes notes au bout du compte. En  ces heures, je plaignais le sort du pays de grand-père dont le flambeau passera un jour entre les mains de ces mal nés.

Trois ans m’ont permis de m’affranchir de cette prison a ciel ouvert que sont les bâtiments rouges qui abritent l’université. Ainsi s’achève l’école des blancs dans ce bourbier. Commence alors, celle, plus amère, de la vie. Croiser les bras et se souvenir des jours de grève ou de la bourse parmi d’autres désœuvrés, cela m’ennuie. Aller au lit pour creuser dans sa ciboule un tunnel qui aboutira le lendemain sur la table d’un parent, cela m’écœure. Boire à longueur de journée pour tromper son impatience, se lancer dans une course folle pour les jupons en mal de males instruits, s’arrimer à sa survie pour attendre que l’or noir jaillisse : suicide juvénile.

Je vis la mort dans l’âme et comprends enfin pourquoi père, là-bas au bord de la mère, bouche les oreilles quand on évoque le pays de grand-père.

Chauvin cloue au cœur de la merde, je marche sous le ciel gris du pays de grand-père sans le moindre repère. Le désert s’étend à perte de vue. Le cercle littéraire que je bâtis avec d’autres jeunes bien d’ici mais ivres de liberté et épris de justice, est mon seul refuge, mon refus d’aller en lambeaux. C’est notre jardin d’espérance où nous cultivons le goût de l’effort, d’un destin et d’un rêve communs

Ma seule arme c’est la plume. Je la loue même à un vieux chauve, directeur d’un hebdomadaire de combat. Ce boulot de nègre, pour ne pas crever de chagrin, déchanter et assassiner l’espoir, j’en ai fait une raison de vivre éphémère. Chaque jour, j’erre en quête du sel de l’inattendu que je sers aux lecteurs afin qu’ils rient de leur misère à en mourir. Mais le rire parfois irrite. Ceux qui n’aiment pas montrer leurs dents me gardent une dent….oui, le risque d’une vie réglée sur pige est gros. Un homme que j’aurais égratigné du bout de ma plume et qui serait devenu la risée de la rue, peut, tapis dans un coin obscur, me loger une balle dans le crâne. Une seule, et c’est tout. J’en suis conscient. Oui, mes écris s’apparentent a des bombes susceptibles de déclencher la colère d’un homme pervers qui m’enverrait bonnement dans le pays de Belzébuth pour me voir a jamais cesser de le déranger lorsqu’il flatte son mal-être infini. Des femmes apeurées me pleurent, de sages imbéciles me conseillent d’abandonner ce combat inégal. Alors que pour tout l’or du monde je ne peux sécher mon encrier et enterrer ma plume pour une place ephemere au soleil. C’est même le râle de ces truands, naguère démons de la guerre, qui fait monter ma rage et me donne des ailes pour expliquer a visage découvert le ras-le-bol d’honnêtes citoyens voguant sur une mer de misère.

Repartir ? Renaître ? Partir ? Trois questions qui me torturent et me font passer des nuits blanches.

Repartir, c’est encore aller souffrir des railleries puériles et plonger mon regard dans celui des autres, plein de pitié.

Renaître revient à faire mienne la haine enterrée dans le cœur de mes frères de sang. Or jamais, au grand jamais, les hommes aux djellabas ne pourront m’inspirer une méfiance égale à celle qui guide les pas de mes cousins germains.

Alors, il ne me reste qu’a partir, faire un saut vers l’inconnu ou petit filou, je volerai la paix aux autres ; ou même passant nés nuits à la belle étoile, j’aurait au moins la rage de mordre a belle dents dans cette chienne de vie.

Du plus profond de mon cœur, je voudrais bien m’arrimer à ce coin de terre où gît mon pauvre grand-père. Debout au bord de ce fleuve qui charrie l’amertume, je suis comme un carpillon hors de l’eau. Et, les yeux rives au ciel assombri, je me demande s’il est vrai que l’homme ne se perd jamais.
 
 

Lettre Ouverte de la Diaspora Tchadienne des Etats-Unis

©Lalé | laleonline.com, 08 aout 2006

S.E. Général Idriss Deby Itno

Président de la République du Tchad

Chef de l’Etat

Présidence de la République

BP : 74 N’Djamena, République du Tchad.

TCHAD

S/c Monsieur l’Ambassadeur du Tchad aux Etats-Unis

2002 R Street, NW, Washington, DC, Etats-Unis d’Amérique

Excellence Monsieur le Président,

Le 1er Décembre 1990, le Mouvement Patriotique du Salut a fait son entrée à N’Djamena et dans votre discours du 4 Décembre, votre promesse  aux tchadiens était « ni or, ni argent, mais la démocratie.» Aussi, dans l’une de vos interviews accordées au journal « Le Monde » du 4 juin 2001, vous aviez solennellement déclaré que « Je ne serai pas candidat à l’élection présidentielle de 2006. Je ne modifierai pas la constitution quand bien même j’aurai une majorité de cent pour cent (100%). Je le dis haut et fort : ce qui me reste à faire au cours de mon dernier mandat, c’est de préparer le Tchad à l’alternance au pouvoir, une alternance démocratique, pacifique, sans rupture. Je veux que ce pays passe d’une étape à une autre, en douceur, sans déchirure. Voila la responsabilité qui sera la mienne. Je l’assumerai. »

 Un homme qui ignore son passé d’honnête homme, n’a pas d’avenir et votre drame Mr. Le Président, s’appelle ignorance du passé. Le passé n’est jamais passé. Vous le portez  comme le bouc porte son parfum. Il colle à votre peau et adhère à votre nom, à votre âme comme l’écorce se colle à l’arbre. D’ailleurs, la sagesse africaine nous apprend que « le squelette du corps reste enfoui sous la Terre, seul le nom de l’homme demeure parmi ses semblables. » Vous n’êtes pas honnête vis- à vis de vos déclarations et engagements, partant, de la nation tchadienne.

Monsieur le Président,  la Paix et la Concorde Nationales passent forcement par l’unité de tous les fils et filles du pays. Vous avez décidé d’exclure certaines  parties de la nation dans le processus de grandes décisions. Aujourd’hui, par votre investiture pour la nième fois, une nouvelle comédie politique s’ajoute à votre palmarès déjà bien sombre.

Monsieur le Président, nous ne savons par où commencer à cataloguer les aspects négatifs de votre gestion, sinon nous nous résumons en disant que tout le pillage des biens publics que vit le Tchad, toute la corruption et la gabegie dont souffre le pays proviennent de vous.

La valeur d’un leader politique doit se mesurer à l’aune de la capacité à faire une nation digne de ce nom. Alors que le peuple tchadien attend de vous la  responsabilité, vous avez choisi le despotisme. Alors que le peuple tchadien tient à aspirer à la démocratie comme d’autres nations, vous imposez la dictature. Alors que le peuple tchadien réclame les élections libres, transparentes et démocratiques, vous organisez un simulacre d’élection. Alors que le peuple tchadien crie pour un dialogue global (inclusif), vous préférez un dialogue exclusif.

Monsieur le Président, mais pourquoi donc affichez-vous tant de mépris et de l’irrespect au peuple tchadien ? Il n’y a aucune gloire à subjuguer son propre peuple, à le dédaigner, mépriser, moins encore d’être arrogant vis- à- vis de lui. Il n’y a aucun honneur, aucune fierté pour le Président que vous êtes à ridiculiser son propre peuple aux yeux du monde.

C’est pourquoi la Diaspora Tchadienne des Etats-Unis ne peut pas supporter un leader « moutonnement ». Ce n’est aucunement un signe de respect, de considération et d’amour que de sublimer un Président qui s’empêtre dans ses humeurs et de ses intérêts personnels.

La Diaspora Tchadienne aux Etats-Unis dit non au despotisme, non à la modification de la Constitution pour des intérêts personnels, non aux simulacres des élections et non à un dialogue partiel.

De cœur avec le peuple tchadien meurtri par son Président, la Diaspora Tchadienne aux Etats-Unis exprime une ferme protestation et condamne vigoureusement votre investiture.

Par contre, elle réclame un forum national regroupant tous les fils et filles du Tchad en vue d’amorcer un véritable processus démocratique.

Monsieur le Président,  le courage d’un leader politique consiste aussi à sacrifier ses ambitions et intérêts personnels sur l’autel de ceux du peuple en général.

Veuillez croire, Monsieur le Président, en l’assurance de notre profonde compassion pour notre pays, le Tchad.

Washington, DC le 08 août 2006

La Coordination

Lodoumgoto Bekingalar

Brahim Deby Itno dans de très mauvais draps

D’après Radio France Internationale, Brahim Deby Itno, fils de Idriss Deby Itno, dictateur du Tchad, et conseiller aux infrastructures de son père est condamné par la justice française à 6 mois de prison avec sursis pour détention illégale d’une arme à feu et possession de 250 grammes de cannabis et 2grammes de cocaïne. Le fils du despote tchadien a été interpelle ce 2 juin 2006 à Paris suite à une bagarre dans une boite de nuit de la capitale française. Suite à sa condamnation, la présidence tchadienne s’est précipitée à sortir un communiqué annonçant son limogeage de son poste de Conseiller aux infrastructures a la Présidence tchadienne. « Brahim Deby est un majeur et ses actes n’ont rien à faire avec le régime tchadien » dit le communiqué. Comme quoi, le proverbe qui dit « tel père, tel fils » se vérifie à plus d’un titre avec tous les scandales que nous étale la famille régnante tchadienne. Idriss Deby Itno, dictateur du Tchad, est lui-même trempé dans plusieurs affaires de trafique de drogue, de pédophilie, de viols, de blanchissement de l’argent sale, de faux billets,…Plusieurs dossiers bien lourds l’attendent quand il ne sera plus couvert par son immunité. C’est l’une des raisons pour lesquelles il ‘accroche urbi orbi à la présidence contre la volonté populaire.  Pauvre Tchad dirige par une bande de voyous et de gangsters.

laleBlog, la force de la plume qui derange.

ramEcrire? Pourquoi faire quand ceux d’en face ont des fusils d’assaut en main, prêts à semer la mort et la désolation partout ou ils passent? Ecrire? Mais pourquoi faire quand les autres n’écoutent plus rien et font à leur tête? Cette question mérite vraiment d’être posée dans le contexte actuel du Tchad ou seule la force des armes peut faire revenir certains mégalomanes à la raison. 
Pour mon ami Lou, dans la situation actuelle du Tchad, penser changer les choses avec les mots parait utopique et carrément illusoire parce que les gens d’en face ne comprennent absolument rien du verbe. Il ne passe pas un seul jour sans qu’il tire à boulets rouges sur l’intelligentsia tchadienne qui, faut-il encore le rappeler, est bourrée de traitres. Je crois sincèrement qu’il y a une grande part de vérité dans ce que Lou avance. En effet, Deby et tous ces intellos en cartons qui rodent autour de lui ne comprennent rien et ne comprendront peut-être jamais que notre peuple ne veut pas d’eux.  Tout porte à croire que le seul langage qui les fera frémir, c’est celui des armes. Alors, vaut-il vraiment la peine de passer du temps à écrire des articles avec l’espoir d’apporter le changement? 


Même si les gens d’en face ne sont qu’une bande d’ignares en mal de puissance et de pouvoir, écrire a tout son sens. En effet, tous ceux qui écrivent ne le font pas parce qu’ils/elles n’ont rien à faire. Ils/elles ne le font pas juste pour amuser la galerie et servir une distraction à la masse. Ils/elles le font par conviction et parce qu’ils/elles croient au poids des mots et à la force dévastatrice de la plume. Cette plume remplace les AK47 et autres M-16 que les autres d’en face savent si bien manipuler pour tuer, violer, piller, torturer et semer la désolation et le désespoir. A défaut d’avoir nos armes de destructions massives à nous, nos plumes resteront jusqu’a preuve du contraire ce que nous utiliserons pour résister face à la barbarie et à la tyrannie d’un autre âge auxquelles nous sommes soumis. Oui, écrire a tout son sens parce qu’il nous permet de dire tout haut ce que le commun des mortels pense tout bas. Oui, écrire a son sens parce qu’il nous permet d’informer le monde sur ce qui se trame chez nous au Tchad.  Sans les écrits des uns et des autres, sans le travail de titan que font les sites web et medias de la presse privée indépendante de l’intérieure, il sera difficile à nos ami(e)s de l’extérieur de saisir la vraie nature du régime dictatorial du General de Corps d’Armée Idriss Deby Itno. Sans nos différentes plumes qui empêchent beaucoup de dormir, rien ne pourra stopper ces petits monstres dans leurs plans machiavélique de saccager le Tchad. Ils l’ont déjà suffisamment fait. N’eut-été le courage des plumes tchadiennes de tous les horizons, il n’y aura plus de Tchad parce que ce qu’il en reste encore sera vendu aux enchères et ce sera tout. Kalas. 

Alors, mon cher Lou, c’est vrai que écrire peut paraitre être une perte de temps face à la gravite de l’heure mais il faut pour réveiller les consciences et mobiliser notre peuple. Il faut continuer à écrire pour continuer à déranger les usurpateurs du pouvoir. Ils font continuer à pondre des papiers bien acides pour exposer la dictature qui perdure au Tchad. Il faut continuer à écrire pour redonner le courage et l’espoir à notre peuple. Oui, il faut continuer à écrire pour espérer amener le changement un jour. Sony Labou Tansi disait qu’écrire c’était contre le destin de mourir. Personne ne veut mourir. Nous voulons tous vivre. A cet effet, continuer à écrire d’avantage pour garder cet espoir de vivre dans un Tchad meilleur dépouille de tous des dictateurs, et opportunistes-profito-situationnistes et autres griots comme les Mianbe Romian, Pascal Yoadimnadji, et autres dindons de la farce qui se comptent par dizaines partout dans le pays et au Sud du Tchad en particulier.
  

    

Nous sommes désormais tous des rebelles

ARDBeaucoup l’avaient prédit ces dernières semaines et le cours des choses est entrain de tout confirmer. Le scénario était simple. La France devait encourager IDI à jouer au têtu pour organiser sa mascarade électorale. Ensuite, cette France va se précipiter pour dire qu’elle est « prêt à faciliter le dialogue entre les Tchadiens et à œuvrer pour la stabilité du Tchad ». C’est exactement ce que Mme Girardin vient de confesser. C’est exactement ce que Louis Michel de l’Union Européenne a raconte.  C’est du n’importe quoi. Ils n’ont pas honte ces messieurs et dames. Je pensais l’Union Européenne allait adopter un ton différent vis-à-vis de la comédie organisée par Deby et Jacques Chirac. Pauvre de moi. L’Union Européenne, au lieu de se démarquer de la bêtise, s’aligne sur la position de la France. Qui a dit que ces gens sont pour notre bien ? Allez y comprendre quelque chose. Ils disent condamner les prises de pouvoir par la force mais quand le dictateur Idriss Deby Itno se maintient au pouvoir par la force, en modifiant la constitution manu militari et en organisant ce que certains appellent élection, ils n’ont même pas bronche. On les a vus s’agiter et monter au créneau avec des chapelets de condamnations quand les forces du Front Uni pour le Changement Démocratique avaient atteint les portes de la capitale tchadienne avant que l’aviation française ne les stoppe. Qui a dit que ces gens se soucient de nos aspirations ? Ils s’en moquent. Les Darcos, Girardin, Louis Michel et consorts sont tous pareille. Ils nous prennent vraiment tous pour des cons. Seulement leur schéma diabolique, les patriotes Tchadiens en rébellion contre IDI et la France chiraquienne l’ont démasqué depuis belle lurette. La France doit se convaincre que de la Cote d’Ivoire au Tchad en passant par le Cameroun, le Gabon, le Togo, la Centrafrique, le Congo-Brazza,…c’est le front du refus qui se met en place.

Ainsi, les éternels « experts et spécialistes » Français des cellules mafieuses de l’Elysée ont concocté à l’accoutumée un plan machiavélique et bidon pour endormir encore les Tchadiens, maintenir le chef de comptoir IDI à son poste et pour pomper les ressources du Tchad, et prolonger les souffrances de notre peuple. Ce plan bidon ne passera pas. Les Tchadiens en rébellion ne veulent plus de ce pain pourri et dégoûtant.

Sur les mauvais conseils de ces maîtres à pensée de la Françafrique, Deby a observé une ligne dure en refusant les conseils de l’Union Africaine, des Etats-Unis, de la société civile, de son opposition pour aller à un dialogue. Il avait été intransigeant au moment ou tout le monde appelait au report du scrutin du 3 mai et à l’ouverture d’un dialogue national. Il y a quelques jours, une certaine Mme Girardin plaidait pour l’ouverture d’un dialogue national et offrait d’emblée le soutien de la mafieuse Françafrique. C’était probablement une plaisanterie de mauvais goût. Où était Mme Girardin ? Qu’attendait-elle ?  Hier, l’Union Européenne appelait elle aussi à un dialogue national. De quel dialogue ces gens parlent ? Dialoguer avec qui ? Dialoguer avec Idriss Deby Itno ? Il faut être un vrai idiot pour penser qu’il est encore possible de sortir le Tchad du gouffre en composant avec cet oiseau de mauvais augure qui hante le Tchad depuis 16 ans.

Ce n’est donc pas au sortir de la mascarade électorale de IDI que le France et l’Union Européenne vont se réveiller subitement pour offrir ses « bons offices » pour résoudre un conflit qui s’enveniment à cause de  l’ingérence destructrice de la France mafieuse et néo-colonialiste dans les affaires tchadiennes. On aurait pu résoudre l’équation Debyenne à une inconnue depuis le 13 avril et libérer les Tchadien(ne)s n’eut été la participation active des forces françaises dans les combats et la collecte de renseignement pour le compte de la milice de Idriss Deby Itno. On aurait pu évacuer le cas Deby et aujourd’hui, les Tchadiens seraient peut-être déjà entrain de s’apprêter à aller à un forum national pour jeter les jalons d’un nouveau Tchad. Hélas, la France a brisé le rêve de tout un peuple qui cherche à se libérer. Il est donc clair que la France n’a jamais été pour le bien des Africains. Que cela soit bien clair dans la tête de tout Africain. La France s’en fout de ce que ces dictateurs peuvent faire subir à nos peuples. Ce qui compte pour elle, c’est avoir un comptoir où elle peut tranquillement et à vil prix se procurer nos nombreuses ressources à volonté,  pérenniser ses bases militaires pour se faire passer pour une puissance qu’elle n’est décidément pas sans l’Afrique. Ce qui est triste c’est l’alignement de l’Union Européenne derrière les positions partisanes de la France dans le conflit Tchadien. La résistance nationale Tchadienne devrait prendre bonne note de cette attitude des Européens puisqu’ils ont eux aussi « pris bonne note » des résultats du simulacre d’élection organisée par IDI.

Peuple tchadien, forces de la résistance nationale, la seule option qui vaille maintenant face à Deby et à la France, c’est la rébellion sous toutes ses formes. Nous sommes à compter de ce jour tous des rebelles. C’est la fin qui justifiera les moyens. Croire à une issue pacifique avec IDI c’est de la pure utopie. Je ne crois plus à rien avec Deby soutenu par la Françafrique  Aux gros maux, il faut indiscutablement de gros moyens pour faire face. Il est donc temps de se réveiller.

©par Armel Ramadji Doumnande, 14 avril 2006

Le monstre des Balkans est mort

©Lalé | laleonline.com, par Armel Ramadji Doumnande, 11 mars 2006

Slobodan Milosevic est mort ? Les dictateurs aussi meurent on dirait. Eh oui, la nouvelle vient de tomber. Le monstre des Balkans, l’ancien dictateur de l’ex-Yougoslavie, Slobodan Milosevic vient de clamser ce 11 mars 2006 dans son lit dans sa cellule au Centre de Détention à Scheveningen ou il était incarcéré depuis son arrestation et son transfert au Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie.

Il est vrai que la mort d’un homme est une perte qui ne doit pas susciter de joie. Cependant, je ne verserai aucune larme pour un criminel de la classe de Milosevic qui a commis un des génocides les plus implacables pendant la guerre des Balkans qui a conduit à l’indépendance la Slovénie, la Croatie et la Bosnie.  Le monde se souviendra encore longtemps de l’horrible épuration ethnique à Vukovar, des massacres de Srebrenica qui firent plus de 7500 victimes, du siège de Sarajevo, des combats de Banja Luka ou encore des bombardements de Dubrovnik, des massacres des Kosovars. Ce monsieur de Milosevic qui a détruit son pays à cause de sa folie de grandeur ne mérite aucun respect parce que de son vivant il n’avait eu aucun respect pour la vie humaine. Qu’il s’en aille pour de bon et qu’on entend plus parler de lui.  Je suis désolé pour sa famille mais il est mort de la même mort qu’il avait imposée à des milliers de pauvres civils. Qu’il parte et qu’il ne revienne plus sur cette terre pour semer la terreur.

A présent, il doit rendre compte à son créateur de ce qu’il a fait de sa vie sur terre. Bien fait pour sa gueule.

La mort de Milosevic montre qu’on peut se croire au dessus de la loi des hommes pour tuer, violer, voler, massacrer, mentir,… mais la loi divine remet toujours la pendule à l’heure.  On peut fuir la justice des hommes mais la justice divine rattrape toujours les criminels. 

Que cela serve de matière à réflexion aux autres dictateurs comme Hissene Habre, Idriss Deby Itno et à leurs thuriféraires. Ca doit aussi donner à réfléchir à sir Abu Ali Mustafa (le FBI est intéressé et voudrait lui parler à propos de ses menaces de mort) qui nous en veut à mort et n’a pas hésite à me menacer de mort si je n’arrête pas de parler de l’affaire Habre. Ca doit également troubler tous ceux-la qui se sont transformés en avocats défenseurs et pigeons voyageurs pour sillonner le monde afin de plaider  la cause perdue de l’ancien dictateur Tchadien. Tout le monde sait que ces petits losers ou leurs parents ont vachement profité du règne sanglant de Hissene Habre pour bâtir leurs vies. Aujourd’hui, naturellement, ils ont la grande gueule, hijack des sites Internet pour leur propagande, deviennent des donneurs de leçons, nient que des Tchadiens innocents ont été massacré sous le régime Habre et refusent qu’on le traduise en justice. Ca ne surprend pas parce que tous ceux-la qui doivent leur succès au règne sanglant de Habre ont une dette morale envers lui. En tout cas, les Américains disent You can hide but you can’t run. Alors même si leur protégé échappe à la justice humaine, ce criminel de Hissene Habre mourra un jour comme Milosevic vient d’en faire l’amère expérience. Ce jour la, j’organiserai une grande fête. Nous mangerons de la viande de cochon avec du pili-pili et la bili-bili coulera aussi à flot. N’en déplaise au kirdiphobes.

Revenons à cet autre cochon de Milosevic. Maintenant qu’il a cassé sa pipe, les yeux seront désormais braqués vers ses complices à savoir Radovan Karadzic, Radko Mladic et les autres qui sont toujours en fuite. Selon les informations récentes, Mladic serait malade et serait en négociation pour se rendre. Et oui, quand ils sont coinces, ils craquent eux aussi et négocient.

La mort de Milosevic, même si elle ne ramène pas à la vie tous ceux et toutes celles qui ont périt sous son règne sanglant, est une victoire pour de nombreuses familles. L’ancien ambassadeur américain aux Nations unies Richard Holbrooke, négociateur des accords de paix de Dayton sur l’ex-Yougoslavie en 1995, l’a si bien : “Je pense que la justice a été rendue. C’était un monstre, il a déclenché quatre guerres et il a passé les cinq dernières années de sa vie en prison, ce qui est une justice dure et appropriée”.  A défaut d’obtenir la justice des hommes, ces familles de victimes se consoleront avec cette sentence divine. Espérons que la  mort de ce monstre permette aux parents des victimes de tourner la page et de commencer sérieusement le processus de guérison.

Quoiqu’on fasse, quoiqu’on dise, l’histoire se souviendra des Milosevic, Saddam, Habre, Deby, et autres comme de vulgaires voyous qui ont infligés de lourdes souffrances à ceux qu’ils étaient sensés protégés.

Je ne verserai aucune larme, aucune pour un Milosevic. What goes around comes around. Autrement dit, chacun a son tour chez le coiffeur. A bon entendeur salut !

 

 

 

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